• le 19 décembre 2012

    D'après Stendhal

    Texte :

    De l'art d'être important

    Jacques Leffe, Chef du Bureau Comptable au Ministère des Anciens Combattants, était un être inquiet et falot, tatillon et perfectionniste, soucieux des détails plus que du fond, qui sévissait depuis des années sur une petite troupe de fonctionnaires qu’il terrorisait au point de les faire fuir quand ils ne pouvaient plus faire autrement que de demander leur mutation. Loin de l’inquiéter, cette situation le confortait dans l’idée de sa compétence supérieure, et il se demandait souvent ce qui se passerait s’il n’était plus là pour faire fonctionner le Bureau de manière aussi admirable. Il lui était déjà arrivé d’être malade quelques jours, contraint de rester chez lui, et dans ces circonstances, il était persuadé qu’un désordre innommable régnait dans les locaux, si bien que de son lit il accablait ses employés sous des déluges téléphoniques emplis de recommandations triviales totalement inutiles.

    Ce despotisme qu’il faisait régner sur son territoire s’accompagnait à l’inverse d’une peur panique de la moindre remarque de sa hiérarchie, en l’occurrence le débonnaire Charles Clicquot, Directeur des Pensions et Retraites, personnage haut en couleurs, aimant la plaisanterie facile, la bonne chère et les femmes, qui ne manquait pas une occasion de le faire trembler en lui adressant régulièrement des réflexions pince sans rire que Leffe prenait toujours au comptant, ce qui le ravissait et se terminait le plus souvent par une claque dans le dos et un grand rire que l’autre avait toujours beaucoup de mal à comprendre.

    Aussi, lorsque Ronan Budweiser, étudiant en école de commerce, se présenta un lundi matin au Ministère pour débuter un stage de deux semaines en comptabilité publique, Leffe le fit entrer dans son bureau et ferma soigneusement la porte, afin de lui exposer en privé ce qui, d’après lui, était le plus important à retenir avant de commencer à travailler. Il laissa le jeune homme debout, prit place dans son fauteuil, les coudes sur son bureau, les doigts croisés sous le menton, ménageant son effet en laissant planer un long silence, avant d’entamer d’une voix autoritaire :

    « Jeune homme, j’espère que vous ne me causerez pas d’ennuis et que vous travaillerez convenablement pendant ces 15 jours. Ce Bureau a une importance capitale pour le paiement des retraites de nos vaillants soldats, et vous comprendrez que dans ces conditions aucune erreur ne peut être tolérée. Mon adjoint vous expliquera votre travail et vous surveillera. Quant à moi, j’estime qu’ici nous ne sommes pas un centre de formation pour débutants inexpérimentés, et s’il n’en avait tenu qu’à moi, jamais nous n’aurions pris de stagiaires qui ralentissent le rythme et perturbent l’efficacité.

    C’est une idée de Monsieur Clicquot, le Directeur, et à ce propos je tiens à vous mettre en garde. C’est une personne haut placée, à qui vous devez le plus grand respect, car il tient beaucoup aux marques extérieures et déteste les familiarités. C’est un homme très sérieux, que vous verrez donc peu, mais à qui je ne veux pas que vous disiez n’importe quoi, surtout si cela risque de déconsidérer ce Bureau dont je suis le chef. S’il me fait la moindre remarque à votre sujet, je n’hésiterai pas à en tirer immédiatement les conséquences. Vous m’avez bien compris ? »

    Cette entrée en matière pour le moins curieuse, par son imprévu baroque, procura au jeune stagiaire un bref instant de gaieté parfaite, qu’il eut du mal à dissimuler dans une quinte de toux mal simulée. En effet, ce que ne savait pas ce petit chef de bureau en costume trois pièces, c’est que Charles Clicquot était son oncle et qu’il lui avait obtenu ce stage en se gardant bien de signaler à quiconque cette parenté. Connaissant bien son oncle et son goût de la plaisanterie, il s’attendait à quelque chose de ce genre après les quelques allusions faites par lui sur la personnalité de Leffe, mais le discours qu’il venait d’entendre dépassait tout ce qu’il avait pu imaginer !

    Après avoir réussi à conserver un air grave, Budweiser prit respectueusement congé de Monsieur Leffe et sortit du bureau, riant encore in petto, se disant qu’il en rirait encore plus le soir même en parlant de cette scène avec son oncle, tout en buvant avec lui une bonne bière, à moins que ce ne soit une coupe de champagne dont celui-ci était si amateur…


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  • le 12 décembre 2012

    Sujet proposé :  l'une de ces premières phrases de romans célèbres emballe votre imaginaire, vous amène à développer votre réflexion ou simplement éveille un souvenir. Construire un récit vivant dans lequel on introduira si possible un ou deux dialogues.

    Patrick Modiano : "Jeunesse"
    Les enfants jouent dans le jardin et ce sera bientôt la partie d'échecs quotidienne.
    .
    Charlotte Brontë : "Jane Eyre"
    Impossible de se promener ce jour là. Le matin, nous avions erré pendant une heure dans le jardin sans feuilles, mais depuis le déjeuner, la bise avait amené les nuages si noirs et une pluie si importante qu'il fallait renoncer à sortir.
    .
    Albert Cohen : "Le livre de ma mère"
    Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte.
    .
    Paul Ulmann : "L'ami retrouvé"
    Il entra dans ma vie en février 1930 pour ne jamais en sortir.
    .
    Gérard de Nerval : "Aurélia"
    Le rêve est une seconde vie.
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    Nicolas Gogol : "Journal d'un fou"
    Il m'est arrivé aujourd'hui une aventure étrange.
    .
    Françoise Sagan : "Bonjour tristesse"
    Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui et la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.

    Texte

    Sur l'incipit de Nicolas Gogol :  Une étrange rencontre

    Il m’est arrivé aujourd’hui une aventure étrange. Il était neuf heures, et je venais de sortir de chez moi pour promener mon chien, quand je fus hélé par le conducteur d’une voiture qui s’arrêta près de moi.

    « Bonjour Monsieur », me dit-il avec un fort accent italien, « je cherche un magasin de matériel agricole dans les environs, pouvez-vous me renseigner ? »

    J’habite dans une région agricole, certes, mais où les paysans sont rares et les magasins de ce genre encore plus, car il n’y a que de grandes exploitations.

    « Non, lui avouais-je, il n’y a rien dans le coin, allez donc à Houdan, c’est la ville la plus proche, et renseignez-vous là-bas. Ou alors, allez à Monsieur Bricolage, ils ont aussi ce genre d’articles. »

    J’étais quelque peu surpris de ce questionnement, car trouver en début de matinée un individu apparemment italien, conduisant une voiture immatriculée en Allemagne, se renseignant à propos de matériel agricole au fond d’une impasse dans un coin reculé d’Eure et Loir, excitait quelque peu ma curiosité.

    Ce sentiment se transforma ouvertement en méfiance quand il me répondit :

    « Non, en fait, euh,…Enfin, je n’ai pas besoin de matériel agricole, au contraire je cherche plutôt quelqu’un pouvant m’acheter du très bel outillage que j’ai dans mon coffre, c’est du matériel d’exposition que j’ai montré à Rouen à un salon. Il faut que je m’en débarrasse au plus vite car j’ai un avion à prendre à Roissy vers 13 heures et je ne peux pas l’emporter avec moi. Vous-même, ça ne vous intéresse pas ?»

    Tout en prononçant cette dernière phrase, il descendit de sa voiture et se dirigea vers l’arrière pour ouvrir son coffre, malgré une futile tentative de ma part pour l’assurer qu’en tant que retraité de l’industrie, je n’avais pas besoin de pioches ni de bêches et qu’il perdait son temps.

    « Mais ce n’est pas vraiment du matériel agricole, me répondit-il, regardez ! »

    Et ne voilà t-il pas qu’il me déballe sur la route trois ensembles d’outillages en effet magnifiques, entièrement neufs : une tronçonneuse à moteur, un caisson contenant une cinquantaine de clés plates, clés à douille, tournevis, empilés sur plusieurs niveaux, et un groupe électrogène de 10 kW !

    Tenté malgré tout, je le questionne :

    « Et vous me vendez tout ça combien ? »

    Il me sort des chiffres incroyablement bas…Dommage que je n’aie vraiment pas besoin de ce genre de matériel, bien que cette affaire commence à me paraître tout à fait louche. Aussi, je l’attaque frontalement :

    « Monsieur, je ne sais pas qui vous êtes, vous venez proposer à un homme promenant son chien, dans une impasse d’un petit village qui n’est pas sur la route de Rouen à Roissy, du matériel neuf, de qualité allemande, à des prix incroyables, tout ça parce que vous avez soi-disant un avion à prendre ! Vous me prenez pour qui ? A qui voulez-vous faire avaler une  histoire pareille ? » 

    Il me sort alors un tas de papiers pour démontrer sa bonne foi, je n’y jette qu’un coup d’œil car ma décision est prise, je n’achèterai rien à cet individu, tout cela est beaucoup trop tiré par les cheveux.

    Je veux alors continuer ma promenade avec mon chien qui s’impatiente, mais il me prend par le bras, m’assure encore de sa sincérité, m’explique qu’il me donnerait bien l’ensemble pour rien, mais que son patron lui demandera au moins le prix coûtant du matériel, et qu’il ne sait pas comment faire autrement. Il me parle à moitié en français, à moitié en anglais, il a le bagout du vendeur de foire internationale. Pour m’en débarrasser je vais sonner chez mon voisin au bout de l’impasse, que je sais tremper parfois dans des transactions pas toujours claires, qui saura  certainement mieux que moi démêler le vrai du faux dans cette histoire et sans doute envoyer paître l’importun. Quand je les laisse, ils discutent sur le pas de la porte, de manière très animée, et moi j’entame enfin la promenade ainsi retardée, à la grande joie de mon molosse.

    Plus tard, mon voisin m’a remercié, disant qu’il avait fait une affaire très juteuse. Il a acheté l’ensemble encore moins cher que prévu, avec une facture tout à fait régulière, et il l’a revendu ensuite à des particuliers avec un bénéfice confortable…

    L’individu louche, finalement, ne l’était pas tant que cela, et son histoire étrange était sans doute vraie…


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  • le 5 décembre 2012

    Souvenir d'enfance, à la manière de Philippe Sollers

     Texte :

    Jeux exotiques

    Je suis né au Maroc, et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de neuf ans, dans un village en hauteur sur les pentes du Moyen Atlas.

     Je jouais avec mes copains dans la ville ancienne, la médina. On courait entre ma maison, la route de terre qui passe devant, le garage Garcia situé sur la route goudronnée qui va à Aïn Taoujdat, le souk, la ruelle qui le longe et qui nous ramène devant la menuiserie Hamon. Il y avait aussi un sentier qui, partant devant la menuiserie et contournant la kissaria, aboutissait sur la route près de chez Garcia.  Enfin, un ruisseau passait dans le coin, je ne sais plus très bien où, ce devait être celui qui venait de la cascade près de la demeure du caïd. On jouait souvent aux cow-boys avec des pistolets en bois, et puis on se tendait des pièges. L’un de ceux-ci, dont je me souviens particulièrement, consistait à creuser un trou dans le sentier herbeux, à le remplir d’eau, à le couvrir de feuilles et de brindilles pour que ça ne se remarque pas. Puis on appelait un copain absent pour soi-disant jouer, et on le conduisait, l’air de rien, vers le trou pour qu’il tombe dedans et se retrouve les pieds mouillés…Une fois, on n’avait rien pour couvrir le trou, jusqu’à ce qu’on déniche dans un tas de saletés à proximité une toile goudronnée assez épaisse et large pour tout couvrir. L’ennui, c’est que cette toile était trop raide, trop solide, et n’a pas plié sous le poids du gamin piégé quand il a marché dessus. Vexés, on s’est mis à piétiner le piège récalcitrant, sautant dessus à pieds joints, de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’il cède. On est rentrés chacun chez soi le soir, les pieds mouillés et rouges de la terre locale.

    On allait aussi rôder autour du souk les jours de marché. Il y avait là des ânes et des mulets, et les ânes souvent se mettaient à uriner copieusement et parfois à étirer leur pénis colossal presque jusqu’au sol. Avec mes copains, on lançait alors des cailloux ou on utilisait nos lance-pierres pour essayer d’atteindre  ce gros machin qui nous impressionnait et générait, déjà, des plaisanteries douteuses…Quand un caillou atteignait sa cible, la bête sautait en l’air en poussant un braiement de protestation, et leurs propriétaires se demandaient ce qui se passait, à notre grand ravissement. Il fallait tout de même faire attention, parce que les arabes n’appréciaient pas du tout cela et nous poursuivaient, nous lançant à leur tour des projectiles tout en nous insultant, j’imagine, dans leur langage rocailleux et incompréhensible.

    Entrée de la kissaria                                         Ma maison à gauche                                           La place du souk       

    Kissaria

    Jeux exotiquesJeux exotiques

     


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  • Le 28 novembre 2012

    Sujet proposé :

    Choisir une des deux photos de Robert Doisneau, et faire dialoguer les personnages.

    Dimanche midi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Texte :

    Dimanche midi                             (Photo n°2, en bas)

     

    C’est un dimanche ordinaire, au cours d’un été des années cinquante. La grand-messe de 10 heures s’est terminée vers 11 heures, et le père (Joseph) est allé au café avec ses deux frères (Antoine et Mansuy) et son fils (Robert) âgé de dix ans pour jouer à la belote. Pendant ce temps la mère (Augustine) prépare le repas qui doit être servi, traditionnellement, à midi tapant.

    Tout le monde passe à table, il est midi et quart.

    Augustine (d’un air pincé) :

    Il était temps que vous arriviez, tout va être archi-cuit. Vous êtes en retard comme d’habitude, y a pas moyen avec vous, j’ai beau vous le répéter, rien à faire !

    Joseph (goguenard) :

    Ben, si tu sais qu’on sera en retard, t’as qu’à tout prévoir pour midi et quart…

    Augustine (s’énerve) :

    C’est ça, et après vous arriverez à midi et demi, je vous connais. Bientôt on va manger à une heure, comme les riches.

    Antoine (va chercher le plateau de fruits) :

    Voilà le dessert, je le mets sur la table tout de suite, comme ça on bougera plus et on gagnera du temps.

    Mansuy :

    Ouais, passe les moi. (Il pose le plateau sur la table)

    Augustine (d’un air entendu) :

    Je vois ça. Vous pouvez plus bouger, oui. Combien de Picon-bière vous avez bu ce coup ci ?

    Antoine :

    Qu’est-ce que tu crois ? Un comme d’habitude, parce qu’on sait qu’après tu nous feras des remarques, et…

    Robert (le coupe d’une voix aigue) :

    C’est pas vrai Maman ! Ils en ont tous bu deux et Papa il en a bu trois, même qu’ils n’ont pas voulu me faire goûter !

    Joseph (mécontent) :

    Tu peux pas te taire toi ! On t’a rien demandé. Et maintenant maman va encore s’énerver, t’as gagné. Et encore heureux qu’on ne t’a rien donné, sinon t’étais sûr de ne pas retourner avec nous dimanche prochain.

    Mansuy (rigolard) :

    En tout cas, le Picon-bière c’est sûrement meilleur que le vin de messe…

    Augustine (soupire) :

    Intelligent comme remarque… Et toi, Robert, qu’est-ce que tu as fait en attendant ? J’ai toujours dit à Papa que t’emmener au bistrot c’est pas de ton âge.

    Robert :

    Euh…J’ai regardé Papa, Tonton Antoine et Tonton Mansuy jouer à la belote avec un autre. C’est Papa qui a gagné. Et puis j’ai joué aux quilles dans le jardin avec un copain qui était là aussi. C’est moi qui ai gagné. Papa et moi on a gagné !

    Joseph :

    Bon, assez parlé. On mange quoi, à part les poissons cramés et les trois patates que je vois là ? Y a pas de hors d’œuvres ?

    Augustine (agacée) :

    Ça va venir. C’est toujours pareil avec vous, vous arrivez en retard tout le temps, et après il faut que vous soyez servis tout de suite ! C’est pas encore prêt, ça vous fera les pieds. Les poissons, c’est les restes d’hier pour ceux qui en veulent, il faut pas laisser perdre tout ça.

    Mansuy :

    Bon, bon, d’accord…Et si on buvait un coup en attendant ? Joseph, passe moi la bouteille de blanc s’il te plaît.

    Joseph lui passe la bouteille

    Antoine (se sert à son tour) :

    Oui, bonne idée. (Il s’étire et bâille). Après le déjeuner, j’irai faire la sieste. J’ai eu une semaine chargée…

    Augustine (secoue la tête) :

    Chargée, j’en sais rien, mais ce que je sais, c’est qu’après deux Picon bière et tous ces verres de blanc, t’auras pas besoin de somnifère !

    Maintenant, taisez-vous. Joseph, le bénédicité s’il te plaît.

    Joseph soupire, tout le monde s’assoit et se penche sur son assiette, Joseph marmonne les paroles traditionnelles, Augustine apporte les hors d’œuvres et le repas commence, dans un silence provisoire ponctué par le bruit des mâchoires et le glouglou de la bouteille.


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  • Le 21 novembre 2012

    Sujet proposé :

    Faire parler un objet de votre choix.

    Texte :

    La grande sacoche

    D’un cadre cravaté, je suis l’attaché-case : pleine peau, cousu main, je fleure bon le cuir. Avec mon maître je suis en phase.

    Dans mes flancs rebondis, je cache des secrets, enfin, c’est ce qu’il dit. Ma serrure a son code, nul n’y entre à part lui.

    Sur le sol il me pose, à ses côtés je suis. Et quand sa main se glisse et me frôle, je défaille et je tombe ; il me retient, complice, mais souvent je retombe.

    Les dossiers se succèdent, me remplissent, puis me fuient : seule je reste, indispensable. Sans moi il ne peut rien, on est inséparables.

     

    Mais que vois-je aujourd’hui ? Une boîte qui s’ouvre, qui ronfle et qui souffle, qu’il caresse du doigt, sur laquelle il tapote, qui lui parle et qui sonne ?

    Ses dossiers aux archives il les a remisés. Il n’a d’yeux que pour elle, me voilà oublié. Au placard je pantoufle, il m’a eu, le maroufle !

    Je souffre et me morfonds, je suis au fond du gouffre. La poussière me couvre, et jamais on ne m’ouvre.

    Je n’ai plus de futur, c’est une dictature. Las ! Nul n’en a cure ! Aux moisissures il m’a jetée en pâture !

     

    Plus tard, se ravisant, l’énarque range, dans la grande sacoche son bel ordinateur.


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